Réunion 974

À la Pointe au Sel, on ramasse encore le sel à l'épuisette

Au sud de Saint-Leu, des bassins de basalte descendent vers la mer. C'est le seul endroit de l'île où l'on fabrique encore du sel marin — à l'épuisette et au balai. Et le musée, juste au-dessus, est gratuit.

lL'équipe klf 02 septembre 2026 3 min de lecture

Il faut quitter la route, passer le dernier virage, et là ça change d'un coup : plus d'arbres, du basalte noir, et des bassins carrés qui descendent vers la mer. À la Pointe au Sel, au sud de Saint-Leu, on est dans un des coins les plus secs de l'île — et c'est exactement pour ça qu'on y fabrique du sel depuis le XVIIIe siècle.

Un geste que personne n'a mécanisé

L'eau de mer est pompée, envoyée dans un bassin de tête, puis elle redescend de terrasse en terrasse. Le soleil et le vent font le reste : à chaque étage, l'eau s'épaissit un peu plus. Dans les derniers bassins, les cristallisoirs, le sel finit par apparaître.

Et là, pas de machine. La fleur de sel se forme en fine pellicule à la surface : on la ramasse à l'épuisette, on la met sécher au soleil dans des paniers. Le gros sel, lui, tombe au fond : on le balaie, on le rassemble en petits tas pour qu'il perde son eau. C'est le seul endroit de La Réunion où l'on fabrique encore du sel marin.

Le musée est dans l'ancien magasin à sel

Juste au-dessus des bassins, le bâtiment où l'on stockait et séchait la récolte est devenu un musée en 2007, entièrement repensé en 2021. Le parcours s'appelle « Sel, Sira, Shingo » et fait huit escales dans l'océan Indien : Madagascar, Mayotte, Maurice, et bien sûr la Pointe au Sel. Des personnages en terre cuite, des voix de sauniers, la mer projetée au sol — et une boutique à la fin, où tu repars avec du sel d'ici.

Compte une trentaine de minutes pour le musée, et garde du temps pour marcher dans les salines avant d'entrer. L'entrée est gratuite : ek marmay, ça fait une sortie de fin d'hiver péi qui ne coûte rien.

📍 Le pratique
Musée du Sel, 25 La Pointe au Sel les Bas, 97436 Saint-Leu. Téléphone : 0262 34 67 00. Entrée gratuite, visite d'environ 30 minutes, boutique et parking sur place. Le Département annonce pour 2026 un accueil du mardi au vendredi, de 9 h 30 à 17 h 30, avec des fermetures ponctuelles selon les périodes — un coup de fil avant de descendre, c'est plus sûr. Le site appartient au Conservatoire du littoral ; il est géré par le Département de La Réunion, via le Muséum d'Histoire naturelle.
✨ Le petit plus
La pointe ne s'est pas toujours appelée comme ça : sur les anciennes cartes, c'est la pointe de Bretagne. Les bassins qu'on voit aujourd'hui datent du début des années 1940 — la guerre avait coupé les arrivages de sel de Madagascar, il a bien fallu en produire au péi. Dès 1944, la saline sortait environ 250 tonnes par an. Après-guerre, les importations reprennent et tout s'arrête. Il faudra attendre 1996 pour la remise en service, puis 2019 pour une vraie relance : un million d'euros de travaux, sept sauniers formés, un objectif de 100 tonnes par an — et tout ça sur seulement 20 % des bassins remis en état. Il reste donc quatre cinquièmes du site à réveiller.

Ça te tente ? Prends une matinée, mets des chaussures fermées (le basalte ne pardonne pas), et descends vavanguer du côté de la Pointe au Sel. La fiche du musée, ses coordonnées et ses prochains rendez-vous sont sur sa page sur klf — mets-la en favori, tu seras prévenu.e dès qu'il s'y passe quelque chose.

Photo : les salines de la Pointe au Sel, à Saint-Leu — © Geolina163 (Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0).

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